Accueil   English

 

     Nouvelles

     Message

     Biographie

     Discographie

     Agenda

     Presse
          Concerts
          Opéras
          Disques
          Entrevues

     Galerie

     Information

     
Concerts  |  Opéras  |  Disques  |  Entrevues

Deutsches Symphonie Orchester Berlin
21 novembre 2008

Berliner Morgenpost 23 novembre 2008  

Le nouveau héros au pupitre s’appelle Nézet-Séguin

Dès le début du concert, on est submergé par la musique du XIXe siècle. Yannick-Nézet-Séguin (âgé de 33 ans), est le jeune chef d’orchestre qui a été proclamé nouvelle super star du festival de Salzbourg. Il ouvre son concert avec la Deutsches Symphonie-Orchester dans la salle de la Philharmonie avec une oeuvre de Tchaïkovski que l’on entend assez peu de nos jours : la fantaisie symphonique inspirée de Dante qui d’abord célèbre Francesca da Rimini, puis la pleure pour finalement l’assommer avec un marteau musical. Nézet-Séguin saisit l’oeuvre et fait magnifiquement montre de sa dextérité au bâton.

C’est un chef d’orchestre qui déborde de tempérament, d’énergie et de détermination. Il transmet de façon impressionnante à l’orchestre la manière dont il doit jouer. Le résultat est tout simplement excellent. Il prend peut-être sa forme la plus belle et la plus accomplie dans Jeux,  oeuvre de Debussy rarement jouée, ballet amoureux créé sur scène par Nijinsky et dansé comme un match de tennis, où les rebonds ressemblent à ceux qu’un Boris Becker offrait à la fin de sa carrière. Chez Debussy également, la balle d’amour se retrouve souvent inexorablement à l’extérieur du terrain.

Par la suite, la féérique Lisa Batiashvili a merveilleusement joué le Second Concerto pour violon de Prokofiev, faisant s’épanouir avec esprit et empathie, particulièrement dans le deuxième mouvement, la beauté de toute la sonorité du violon. Nous avons entendu une violoniste de grand niveau qui, surtout dans le mouvement final, a joué avec virtuosité, volupté et une technique séduisante. Elle l’a encore démontré dans sa sélection du rappel,  extrait ravissant et mélancolique du répertoire de sa patrie géorgienne.

Après ces douces mélodies, ce fut Daphnis et Chloé de Ravel, où la danse générale du Finale a explosé avec une force à couper le souffle sous la direction de Nézet-Séguin. Le monde musical possède maintenant un nouveau héros.

Klaus Geitel 
(Traduit de l'allemand : Marie-Elisabeth Morf et Louis Bouchard) 

Der Tagesspiegel, Berlin 23 novembre 2008  

Cet été, il a été consacré comme la star du Festival de Salzbourg et il vient tout juste de succéder à Valery Gergiev à l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam. Lors de sa première apparition avec la Deutsches Symphonie-Orchester, les attentes envers Yannick Nézet-Séguin sont très élevées. Devant une salle à guichet fermé de la Philharmonie de Berlin, le jeune Canadien âgé de 33 ans fait son apparition sur scène avec une démarche assurée. Il s’installe au pupitre et il commence à transmettre son énergie à l’orchestre. Sa gestuelle qui incorpore tout l’espace et tout son corps, trouve une dynamique dans le mouvement : en fait, le déploiement des bras n’est pas que du spectacle; il sert à transmettre le pouls inhérent à la musique. Pour Yannick Nézet-Séguin, il en va de même que pour ce qui fut écrit sur le jeune Simon Rattle en 1976, lorsque ce dernier débuta avec le même ensemble (qui s’appelait alors le Radio-Symphonie-Orchester) : « les chefs d’orchestre arrivent, comme les nageurs olympiques, à un perfectionnement technique à un âge toujours plus jeune. Auparavant, ce perfectionnement s’acquérait après de nombreuses années d’expérience et de mise à l’épreuve. » Que ce soit avec Francesca da Rimini de Tchaïkovski, le Second Concerto pour violon de Prokofiev (avec la grandiose Lisa Batiashvili), Jeux de Debussy ou Daphnis et Chloé de Ravel, Nézet-Séguin coordonne avec assurance la multitude de ces nombreuses sonorités. (…)

Frederik Hanssen 
(Traduit de l'allemand : Marie-Elisabeth Morf et Louis Bouchard) 

The Montreal Gazette 25 novembre 2008  

Nézet-Séguin is praised in Berlin

Orchestre Métropolitain music director Yannick Nézet-Séguin has created a sensation in Berlin with the Deutsches Symphonie-Orchester - the ensemble Kent Nagano gave up to accept the MSO's directorship. "The music world has a new hero," lauded Klaus Geitel in the Berliner Morgenpost. He praised the conductor's "temperament, energy and penetration" in Tchaikovsky's Francesca da Rimini as well as his "descriptive" baton technique. Geitel also had positive words for Debussy's ballet Jeux (the orchestra played "most beautifully") and Ravel's Daphnis et Chloé Suite No. 2. The Danse générale of the latter had "breathtaking force." Lisa Batiashvili was the soloist in this Friday concert, in Prokofiev's Violin Concerto No. 2.

The Frankfurter Allgemeine remarked on the huge ovation that followed the Ravel blockbuster and called the conductor "Das Wunder Yannick" - an apparent reference to a nickname of the iconic 20th-century German conductor, Herbert von Karajan. While Nézet-Séguin was not conducting the Berlin Philharmonic, he was leading the DSO in the Berlin Philharmonie, a hall Karajan had a role in designing. The Allgemeine critic also reported on the presence of Nézet-Séguin's parents in the audience. Another widely read newspaper, Die Welt, carried an interview of the "merry, compact" Canadian, whose name apparently suggests Breton origins. The author of this interview, Manuel Brug, discusses his lively podium style and recalls his success at the immensely prestigious Salzburg summer festival. Brug points out that Nézet-Séguin has worked since 2000 with the OM in "in the shadow of its big brother," the MSO. This was an advantageous situation, since he could deepen his knowledge and extend his range without "big-city scrutiny."

Music director of the Rotterdam Philharmonic and principal guest conductor of the London Philharmonic, Nézet-Séguin is adding many prestigious orchestras to his guest-conducting schedule. In December, he conducts in Paris (Orchestre National de France), Philadelphia (Philadelphia Orchestra) and Vienna (Vienna Symphony).

Next season, the 33-year-old Montrealer will make his debut with the Munich Philharmonic, an orchestra Nagano led last weekend as a guest conductor. Nagano is music director of the cross-town Bavarian State Opera and Bavarian State Orchestra.

Arthur Kaptainis 

Le journal Süddeutsche Zeitung de Munich 25 novembre 2008  

(…) Nézet-Séguin sait exactement l’espace qu’il peut accorder en délectation amoureuse aux instruments à cordes, sans jamais perdre le fil conducteur. Avec de puissants mouvements qui entraînent tout son corps, il maintient une courte bride sur les musiciens, force chaque instrument à atteindre la précision et impose sa conception contemporaine de la musique en 3 dimensions.

(…) le ballet Jeux de Debussy , qui a été composé, comme un match de tennis, avec de nombreux rebondissements, Nézet-Séguin ne s’en tient pas aux gestes de politesse habituels. Il dirige sans qu’il y ait de subtilités érotiques ni d’élégants mouvements des joueurs portant des collants d’époque. Le chef  conçoit plutôt l’oeuvre, terminée en 1912, comme un sport de haute voltige avec des services difficiles exécutés en plein soleil du midi. Les trompettes retentissent comme des rayons de soleil éblouissants. Devant l’extrême luminosité des cordes jouant à l’unisson, on ferme instinctivement les yeux pour éviter d’être aveuglé. Il en est de même pour la célèbre deuxième suite du ballet pastoral Daphnis et Chloé de Ravel qui ne se perd pas dans les dédales des époques antiques ou rococo, mais au contraire, fait ressortir des détails fascinants et devient presque une composition contemporaine. Déjà dans le mouvement intitulé Lever du Jour , il semble que chaque cri de l’oiseau matinal qu’évoque le désordre sonore des bois proclame une force vitale irrésistible. La Danse générale qui conclut le tout, dans lequel les maîtres anciens comme Riccardo Chailly entendaient les premiers échos de l’écroulement de notre monde, est ici transformée chez Nézet-Séguin en extase de sons et de rythmes. La vie étant tellement belle et immodérée lorsque l’on a 30 ans.

Jörg Königsdorf 
(Traduit de l'allemand : Marie-Elisabeth Morf et Louis Bouchard) 

Berliner Zeitung 24 novembre 2008  

L’homme en mouvement
Yannick Nézet-Séguin, la jeune étoile montante, a dirigé le Deutsches Symphonie-Orchester

Ce vendredi, la tignasse du chef d’orchestre canadien Yannick Nézet-Séguin avait des allures audacieuses à la Tintin. Le jeune chef âgé de 33 ans avait l’air d’un poussin sortant de sa coquille. Comme la règle usuelle veut qu’un chef d’orchestre n’atteigne le sommet de son art qu’à partir de soixante-dix ans, Nézet-Séguin apparaît véritablement comme un néophyte. Mais il a déjà fait la preuve de ses nombreuses habilités et le monde international de la grande musique vient de s’en apercevoir.        

À l’été, Nézet-Séguin a pour ainsi dire sauvé le Festival de Salzbourg qui aurait pu sombrer dans l’insignifiance totale. Et ce grâce à son énergie et à son intelligence musicale dans la direction de l’opéra Roméo et Juliette de Charles Gounod. La rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre. Voilà pourquoi la salle de la Philharmonie était pleine à craquer. Voilà aussi pourquoi des critiques musicaux de journaux de toute l’Allemagne étaient présents, ce qui ne survient que très rarement, afin d’assister aux débuts de Yannick Nézet-Séguin avec le Deutsches Symphonie-Orchester.       

Le jeune homme s’est révélé un artiste possédant une grande détermination. Une détermination qui sait aussi manœuvrer adéquatement dans les eaux troubles des processus opposés qui se déroulent en concomitance. On sait tous que le poème symphonique de Peter Tchaïkovski intitulé Francesca da Rimini débute par un conflit entre les forces des bourdons « Liegetöne » et les mouvements linéaires, bien que les bourdons aient tendance à exploser occasionnellement dans un soudain et rude feulement. Sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, le Deutsches Symphonie-Orchester a réussi de manière excellente à créer cette tension entre l’immobilité et la subtilité du mouvement.

Même lorsque les sonorités de cette oeuvre, orchestrées de façon dure et brusque, déferlaient en mode Forte ou Fortissimo comme un moteur qui tourne à grande vitesse, la tension n’était pas créée par une pression extérieure. Elle était plutôt constituée par l’élaboration de ce que Tchaïkovski a aménagé en son for intérieur : une superposition raffinée de rythmes et de grandes lignes chantées, qui s’articulent selon les règles du langage poétique. Et cela fut très bien compris par les bois (surtout par les clarinettes!) mais aussi par les cordes du Deutsches Symphonie-Orchester.

Jan Brachmann  
(Traduit de l'allemand : Marie-Elisabeth Morf et Louis Bouchard)  

Frankfurter Allgemeine Zeitung, Francfort 23 novembre 2008  

Le chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin enflamme le Deutsches Symphonie-Orchester

Berlin. Strictement parlant, ce ne sont pas vraiment des débuts. On a déjà entendu le chef d’orchestre Canadien-Français Yannick Nézet-Séguin, âgé de 33 ans, en mars de cette année, diriger l’Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin, un bon concert mais qui n’avait pas créé de grands remous. Tout cela se passait avant que ne survienne le « prodige Yannick » à Salzbourg, l’été dernier, lorsque celui-ci, alors illustre inconnu, a brisé l’ennuyeuse monotonie d’une première d’opéra réunissant le gratin dans l’enceinte du manège des Rochers (Felsenreitschule). Dès le lendemain matin, son nom, assez difficile à l’oreille et à la prononciation d’un germanophone, était sur toutes les lèvres. Et ce soir, la salle de la Philharmonie de Berlin était pleine à craquer, même les places rajoutées étaient vendues. Tous les mélomanes que compte cette ville et qui étaient libres ce soir-là s’étaient déplacés, curieux de savoir si le conte de fée allait continuer et si Yannick serait capable de tenir ses promesses.

(…) Au pupitre, la direction d’orchestre est techniquement impeccable. (…) ce concert est comme une fusée qui s’allume étage après étage. Cela s’améliore d’œuvre en œuvre, atteignant des sommets toujours plus élevés au fur et à mesure que le concert avance et que l’on quitte la stratosphère.

(…) Après la pause, le troisième étage de la fusée s’allume comme un feu d’artifice : voici Jeux de Claude Debussy, labyrinthe polyphonique rempli de timbres fous et multicolores. (…) Il y a longtemps que l’on n’a pas entendu le Deutsches Symphonie-Orchester jouer avec une telle limpidité, avec une telle exubérance riche en détails.

(…) La Deuxième suite tirée de Daphnis et Chloé est pure volupté. (…) Les musiciens excités entourent le podium, toute la salle explose et acclame le chef debout.

Eleonore Büning  
(Traduit de l'allemand : Marie-Elisabeth Morf et Louis Bouchard)  

Berlin-Brandenbourg Kulturradio 22 novembre 2008  

Yannick Nézet-Séguin, chef d’orchestre canadien, a fait des débuts ambitieux avec beaucoup d’assurance au Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin. De toute évidence, il sait exactement ce qu’il veut. Avec une large gestuelle, il demande à l’orchestre un engagement maximum et exige aussi une perfection technique dans un programme composé d’oeuvres aux effets saisissants bien que délicats. La fantaisie symphonique rarement jouée de Peter Tchaïkovski, Francesca da Rimini, demande à la fois brio et expressivité. Les deux ballets de Debussy et de Ravel contiennent par contre de pures sonorités magiques et constituent un véritable test d’endurance pour tous les participants.

Yannick Nézet-Séguin aime la précision, ce qu’on peut clairement constater dans Jeux de Claude Debussy. Le chef d’orchestre aime les jeux rythmiques et réussit à reproduire scintillements et vibrations. Il façonne de merveilleux et souples va-et-vient; partant d’un sourire à peine audible, il intensifie graduellement la tension jusqu’au Finale tonitruant.

(…) dans l’interprétation de Francesca da Rimini de Peter Tchaïkovski, Yannick Nézet-Séguin réussit à faire ressortir les effets sonores de l’oeuvre avec une précision qui donne l’impression d’être calculée au millimètre près. Il gère bien les moments fulgurants avec légèreté et précision : la musique chatoie et mugit. (…)

Andreas Göbel 
(Traduit de l'allemand : Marie-Elisabeth Morf et Louis Bouchard)