Yannick Nézet-Séguin
Son rêve d'enfant enfin réalisé
Dany Bouchard - Le Journal de Montréal
15 octobre 2006
Yannick Nézet-Séguin dirige ce soir le très prestigieux Orchestre national de France, un autre concert en Europe qui lui permet «de vivre son rêve de petit garçon».
«C'est le rêve de tout le monde que de venir faire de la musique en Europe. C'est comme aller au Vatican pour les catholiques», compare-t-il, installé dans sa loge de Radio France, à Paris, où il mène les répétitions en vue du concert de ce soir.
L'Orchestre national de France, l'un des plus anciens au pays, est composé de 118 musiciens.
«Pour le concert, ils seront 90 ou 95 sur scène», précise-t-il, soulignant la participation au concert du baryton-basse Bryn Terfel.
«C'est l'un des trois plus grands chanteurs du monde en classique et en opéra» estime Yannick Nézet-Séguin. «Ça fait cinq ans qu'il n'est pas venu à Paris et les gens ont très hâte de le voir.»
Pour ajouter à la pression qui pèse sur l'orchestre, le concert sera présenté dans la prestigieuse salle Pleyel, complètement rénovée et rouverte depuis la fin du mois de septembre.
«Ce sera le premier concert de l'Orchestre national de France dans la salle depuis sa réouverture», ajoute le chef d'orchestre.
Très présent en Europe
Bien que ce soit là le tout premier concert qu'il dirige à Paris, Yannick Nézet-Séguin a passé beaucoup de temps en Europe depuis ses débuts là-bas, il y a deux ans.
«Ça a été une explosion beaucoup plus rapide que je ne l'avais prévu», confie-t-il.
«Maintenant, je passe à peu près quatre ou cinq mois par année ici.»
Son concert de ce soir n'est toutefois pas le premier qu'il dirige en France.
«J'ai dirigé l'orchestre de Toulouse à au moins six reprises ces deux dernières années.»
«J'étais à Genève il y a deux semaines avec l'Orchestre de la Suisse romande, à Rotterdam la semaine passée et je repars lundi (demain) pour Dresde, en Allemagne», énumère-t-il.
Jeune mais respecté
Sûr de lui, le jeune chef de 30 ans impressionne partout où il passe.
Au sujet de son si jeune âge, le chef de l'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal admet avoir «surpris» certains musiciens européens, mais il estime ne jamais en avoir souffert.
«Les gens sont parfois surpris, sans aucun doute, mais je n'ai jamais eu de problème à me faire respecter à cause de ça.
«Pour faire de la bonne musique, il faut avoir les musiciens derrière soi, et ce que les musiciens veulent, c'est du travail bien fait.»
Au sujet des musiciens qu'il rencontre depuis deux ans, Yannick Nézet-Séguin s'amuse en observant leurs différences culturelles.
«Les Français, comme ici à Paris, parlent beaucoup entre eux, alors que les Suédois, qui sont des Nordiques, sont très disciplinés, très introvertis», remarque-t-il.
Prendre la direction d'un orchestre européen
Bien qu'il soit sous contrat avec l'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal jusqu'en 2010, Yannick Nézet-Séguin envisage de prendre la direction musicale d'un autre orchestre - européen cette fois - d'ici un an.
«Il y a des orchestres qui cherchent des chefs et ça adonne que ça va bien pour moi», confie-t-il, disant négocier avec différents ensembles européens dont il préfère taire le nom.
«Ça fait 20 ans que je rêve de me promener dans les grandes salles, de diriger les grands orchestres», confie-t-il.
Yannick Nézet-Séguin précise que c'est coutume pour les chefs d'orchestre de diriger deux ou trois ensembles à la fois.
«Charles Dutoit en avait trois, cite-t-il en exemple, expliquant ensuite que chaque orchestre exige généralement de son chef qu'il dirige de 10 à 12 concerts par année, soit environ le tiers de la saison.» Le reste du temps, ce sont des chefs invités qui dirigent.
«Dans mon cas, je pourrais passer le tiers de mon temps à Montréal, un autre tiers avec un autre orchestre et le reste de mon temps à voyager comme chef invité», envisage-t-il.
Occupé jusqu'à l'été prochain
D'ici à ce que ses projets se réalisent, Yannick Nézet-Séguin dirigera des orchestres d'un peu partout dans le monde - Allemagne, Belgique, Angleterre et Australie, pour ne nommer que ces pays-là - d'ici juillet 2007.
«Il faut aimer voyager pour cette vie-là et, des fois, je m'ennuie de mes chats et de ma maison à Montréal.
«À ma première année en Europe, je me suis demandé si c'était ce que je voulais et, oui, c'est vraiment ce que je veux.»
Le prochain concert qu'il dirigera à Montréal est prévu pour le 30 octobre, au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.
«J'ai un contrat avec l'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal jusqu'en 2010 et je vais toujours garder un lien avec cet orchestre-là.
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